Écrits

La véritable nature de l’Univers

Quatre heures et quart du matin sonnèrent à l’église toute proche. Tout dormait dans cette petite rue tortueuse du centre-ville. Tout ? Presque. Au dernier étage d’un antique immeuble, un homme, aidé d’un pointeur laser, vérifiait l’alignement de deux pièces métalliques. C’était là les ultimes tests d’une bien étrange machine, entièrement de sa conception. — Tout va bien, chéri ? Tu penseras à te reposer ? — Hmm… — Tu pourrais faire l’effort d’articuler une phrase complète…

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Ça ne peut pas être pire qu’ici

Les quatre adolescents, assis au pied d’une tour d’habitation d’une hideur sans nom, regardaient passer le train. Une locomotive massive qui ajoutait son énorme panache de fumée noire à la pollution ambiante, et une vingtaine de wagons en métal nu, totalement fermés, sans la moindre marque d’identification. Ils passaient régulièrement, nuit et jour, depuis que la ligne était apparue une semaine plus tôt. Les transformations impromptues de la ville étaient légion dans cette banlieue, une conséquence des Grandes Batailles de Magie quelques siècles auparavant, mais se limitaient normalement à une porte, quelques fenêtres ou une petite ruelle.

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Tombé du ciel

En cette aube fraiche d’automne, la base secrète numéro dix-sept de la république de Lorhingie dormait au calme. Soudain, une vive lueur verdâtre jaillit de l’ouest. Avant que quiconque n’ait le temps de réagir, le bolide fut là ; secoués par l’impact, les missiles explosèrent, entrainant l’installation entière dans la destruction. Cette attaque en traitre ne pouvait venir que de la Confédération des Unions Libres, l’ennemi juré et ancestral, qui signait là une déclaration de guerre et son arrêt de mort.

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Derrière la deuxième porte du placard à balais

Le vélo s’arrêta devant le portail dans un crissement de pneus, celle qui en descendit salua de quatre bises l’homme qui se tenait là.

— Salut, Nath, j’espère que je ne t’ai pas trop fait attendre.

— Salut, Asa. Pas de problème, je viens d’arriver. Comme prévu, mon frère n’est pas là, il bosse jusqu’à la fin du mois.

Nathan toisa son amie. Asako était une femme d’origine japonaise, de taille moyenne, présentement habillée d’une jupe, d’un chemisier et d’une veste qui auraient pu être jolis si elle ne les portait pas ensemble.

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Inattendu

Par un bel après-midi de printemps, le carrosse roulait à toute allure sur les petites routes des marches occidentales du royaume. À l’intérieur du véhicule, la princesse Lisitsa boudait. C’était d’ordinaire une adorable fillette, aimée de tous et rayonnante de joie. Hélas, la guerre frappait aux portes de la capitale. Le roi, inquiet pour l’avenir de son unique enfant, l’avait envoyée chez Mankas, un vieil et puissant ami qui vivait aux confins du pays, là où les envahisseurs ne parviendraient qu’une fois le reste du territoire soumis. Elle devait y demeurer jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier, ou qu’un grand malheur arrive.

La guerre eut lieu, sanglante. Et les années passèrent…

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Peur du Noir

Le Don de Tignel

17 En vérité, dans sa grande bienveillance, Tignel décida d’aider les hommes. 18 Parce que la Création est malveillante, à chacun il attribua un don. 19 Alors chaque homme et chaque femme eut un don, dès sa naissance.

20 Lacanbe fut perturbée par ces Dons. 21 La Veilleuse de l’Équilibre infli­gea la Tare, qui pèse sur chaque homme et chaque femme depuis ce jour. 22 Ainsi l’Équilibre fut perpétué. [...]

37 Alors ce fut le commencement des Guerres Divines, qui mena à l’a­néantissement des Dieux Primordiaux. 38 Ainsi s’acheva le Temps des Dieux, ainsi commença le Temps des Hommes.

Cavinrile, 13, 17-24 et 15, 37-38

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Rouille & Féérie

Onæce était, comme à son habitude, en train de courir entre les tuyaux tuyaux de la vieille usine, quand une lumière bleue l’inter­pella. Étrange couleur que ce bleu dans cet univers de rouille et de vapeurs toxiques et jaunâtres ; aussi la jeune fille s’empressa de chercher la source de cette bizarrerie. Elle fouilla seulement quelques instants avant de tomber sur un superbe conglomérat de délicats cristaux qu’on aurait cru ciselés dans le plus fin des des saphirs ; l’un des rares pâles rayons de soleil de l’année se ré­fractait directement dessus, produisant ainsi la lumière qui avait tant intriguée la fillette.

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