Khanaor

L’avis du renard

C’est le premier livre de Francis Berthelot que j’ai jamais lu. Je suis tombé dessus complètement par hasard ; le nom me disait quelque chose et la 4ème de couverture m’intriguait. Du coup, je l’ai acheté et je l’ai lu.

Ben au final, j’ai beaucoup aimé le fond. J’ai trouvé l’histoire bien menée, plutôt originale et agréable ; l’univers et les personnages sont soignés et originaux aussi (un charmeur de plantes ? Un esprit désincarné ?).

Hélas, mon esprit horriblement cartésien s’est heurté au traitement et au style du roman. En vrac :, je peux citer des passages au traitement étrange, des ficelles d’écriture parfois trop grosses, quelques clichés et gestion des noms qui viennent achever le tout.

Le point qui m’a le plus gêné est sans doute la technique de l’auteur pour décrire un univers étrange. En soi, elle est subtile et intelligente : il s’agit, dans une description (même un morceau de phrase), d’accoler un nom connu avec un qualificatif qui normalement ne s’applique pas à ce nom, pour créer une nouvelle entité. Exemple : « figue d’eau ». Tout le monde peut imaginer ce que c’est sans avoir à inventer et définir de nouveaux termes. Sauf qu’ici, cette technique est appliquée à peu près à tout ce à quoi elle est applicable - du coup, elle devient visible et à mon sens perturbante pour la lecture.

Le second est probablement les longs passages de tell sans show.

Le troisième est les comparaisons. contre les comparaisons (et ce roman contient quelques unes des plus belles et pertinentes que j’aie jamais lu), l’auteur en fait une utilisation trop systématique à mon goût : je les ai trouvées trop souvent perturbantes. Combiné au précédent, j’ai eu l’impression que ça affaiblissait certains passages, en particulier des scènes d’actions ou émotionnellement intenses (typiquement les scènes de guerre, bien peu percutantes quand on a lu les bouquins de Andrzej Sapkowski juste avant).

Tout ceci, couplé à quelques détails récurrents (scènes New Age, niveau de langage des dialogues (en particulier des enfants), énorme cliché sur les yeux) m’a finalement rendu assez difficile la lecture d’un roman auquel j’accorde un énorme potentiel.

Le pire c’est qu’au final, je suis persuadé que pour quelqu’un qui apprécie la poésie (ce qui n’est pas du tout mon cas) et qui aime le style de Francis Berthelot, ce peut être un excellent bouquin. Simplement, ce n’est pas mon style de littérature.

Couverture

À lire absolument si on aime

À éviter si on cherche

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