Jour 9

Le lendemain matin, Nicolas se réveilla pour trouver Barnabé et Évangelina déjà installés dans les fauteuils de la salle de repos. Le jeune homme buvait un verre de vieille prune ; son aspect débraillé et ses cernes montraient qu’il n’avait pas dormi de la nuit. La jeune femme, quant à elle, s’était recroquevillée sur son siège, dans les mêmes habits qu’elle portait la veille. De toute évidence, elle n’avait pas bougé après le départ du renard, la veille au soir.

Un voyant clignotait dans le poste de communications : un message de la base. Aussi tôt dans la mission, voilà qui était étrange. Nicolas jeta un œil à ses deux acolytes, et se débrouilla pour lire le message malgré une interface inadaptée.

Nab avait envoyé un compte-rendu, brouillon mais très explicite, la veille au soir. Le QG, en le découvrant, avait décidé d’annuler le reste de leur mission et leur demandait de rentrer immédiatement. Parfait, se dit Nico, l’état de ses compagnons l’obligeait à revenir, mais au moins il n’aurait pas à se justifier auprès de ses supérieurs.

Il mit près de deux heures à convaincre les deux humains de se préparer, et près de trois heures de plus à lancer, seul, la procédure de retour. Encore un point à faire améliorer aux ingénieurs de la CCB, en cas de danger ou d’urgence, ils ne pourraient pas se permettre un tel délais.

 

Enfin, les moteurs à impulsions féériques vrombirent dans… Nicolas ne savait pas vraiment quelle heure il était dehors, ni quel temps il y faisait ; et ne tenait pas à le découvrir. Il y eut un plop sonore, et le NCCB Grimm et son équipage furent de retour sur le parking du quartier général.

 

Ils étaient attendus : trois ambulances, deux cadres, leurs assistants, et bien sûr la flopée de techniciens habituelle au retour d’une mission. Évangelina et Barnabé furent pris en charge par des médecins – on leur assura un support psychologique, tandis que l’un des cadres se confondait en excuses, chose ô combien exceptionnelle, auprès de Nicolas.

— C’est surtout auprès d’eux que vous devriez vous excuser, répondit-il. Mais quand ils seront remis. Cela dit, si vous lancez une enquête pour essayer de comprendre comment cette mission a pu tourner si mal, je suis des vôtres. Oh, et j’aimerais contacter des ingénieurs pour adapter le navire, en tant qu’animagique je suis sérieusement handicapé pour l’utiliser.

comments powered by Disqus